Episode numéro 1 :

Coucou tout le monde! Je voulais juste vous préciser qu'il y avait enfin une suite, à voir à la dernière page =) voilà, gros bisous à tous et merci de votre fidélité!




Déjà la fin des vacances... Je suis morte de stress. Dans exactement une semaine, c'est la rentrée scolaire. Je pense que cette journée va être d'un ennui mortel... Pour commencer, je débarque tout juste à Paris. Mes parents voulaient absolument déménager et quitter la province de Nantes pour s'installer sur Paris, grande ville et de surcroit la capitale de France. Mais moi, cette situation pourrie ne me convient pas du tout. J'étais entourée d'un nombre incroyable d'amis et de gens biens. Certes, je vais garder contact... Mais ce ne sera plus pareil. Ce ne sera plus la joie, l'ivresse et la fusion de tous les matins, de toutes les journées et soirées passées ensemble! De toutes les conneries qu'on a pu faire... Ce sera différent, une autre ambiance, un autre mode de vie... Eh oui, je découvre la vie dans toute sa splendeur! Les gens sont obligés de se séparer, même ceux qui sont liés comme les doigts de la main et ils sont malheureusement forcés de faire abstraction de leurs sentiments. Quelle injustice... Je vais arriver dans un lycée nouveau, avec des têtes différentes, des profs différents... Je vais devoir me faire de nouveaux amis, puis apprendre les lignes de métro... Je me pose beaucoup trop de questions existencielles mais c'est tellement dur de quitter des personnes à qui l'ont tient! Pourvu que ces débuts à Paris ne soient pas trop douloureux...

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Je n'ai plus aucune force. Je dois faire un effort sur-humain pour tendre le bras et éteindre le réveil posé sur ma commode. Il est 6h50... J'ai rendez-vous devant mon lycée à 8h25 et je met environ un quart d'heure en métro pour venir. J'ai appris le chemin par coeur car le métro, je n'y comprend rien à rien...
Je me lève, regarde ma tête de zombie dans la glace. J'ai des cernes affreuses et mes cheveux sont en bataille. Je décide de me diriger directement dans la salle de bain afin de me préparer. Je prend une douche brulante, j'essaye de m'évader complètement l'esprit pour ne pas penser à cette rentrée de merde. Mais c'est en vain. Mon ventre est complètement noué. Je suis angoissée au plus haut point.

Après m'être préparé entierrement, je descends les escaliers pour aller dans la cuisine et me faire un petit-déjeuner bourratif : je meurs de faim! Biscotes au nutella, oeufs brouillés, jus d'orange et un bon bol de chocolat chaud ; rien de tel pour requinquer quelqu'un en train de comater et de déprimer!

Bref... je regarde ma montre. Il est l'heure d'y aller... Je prends mon sac, les clefs de la maison et claque doucement la porte derrière moi pour ne pas réveiller mes parents qui eux, chanceux comme ils sont, dorment encore!
Je suis debout dans le métro. Il y a un monde incroyable! Je n'étais pas du tout habituée à toutes ces bousculades et à cette angoisse permanente qui règnent sur Paris. J'aperçois des visages d'élèves qui doivent avoir environ mon age. Ils discutent et rigolent ensemble. C'est sûr, eux au moins ils ne sont pas stressés! Ils se connaissent donc aucun problème... Je me sens tout à coup totalement conne dans cet univers gigantesque.

Je descends à ma station et monte des escaliers pour finalement arriver dehors, devant une masse impressionante de jeunes. Mon cher lycée est casiment en face de la sortie du métro. Je suis passée en 1erES. Je ne sais même pas pourquoi... Je sais juste que mes adorables parents tenaient absolument à ce que je fasse cette section, sachant que je n'avais pas les notes pour aller en 1erS et que la 1erL est selon eux "une barrière à un grand nombre de debouchés"... Rien que de me rappeler la classe dans laquelle je vais atterir me donne envie de gerber. Je désteste l'éco et si mon prof est merdique, ça ne va pas aller du tout! Mon dieu, tout se bouscule dans ma tête. Je pense à tout et à rien à la fois... Mes parents, mes amis de Nantes... Je ne veux pas rentrer dans ce bahut. Mon unique désir est de partir loin de ce lycée et de retourner à Nantes... Mes pas se font à présent de plus en plus lourds mais je n'ai pas le choix...

Je rentre dans mon nouveau lycée. Je me pose tranquillement sur un banc, tandis qu'un surveillant s'empresse d'appeler la classe de 1erES. Je me lève et suit la foulée d'élèves. Le surveillant en question nous fait entrer dans une salle du premier étage et nous dit d'attendre notre professeur principal.

Je me met tout au fond de la classe. Ce n'est pas la meilleure chose à faire si je veux avoir de nouveaux amis mais pour l'instant, je n'ai vraiment pas la tête à ça. Je pose mon sac sur la table et me couche dessus. Je ferme les yeux et plonge dans mes rêves. Les gens de Nantes me manquent tellement! Je n'en peux plus. Cela fait à peine un mois que je suis sur Paris et je craque déjà. J'essaye de penser à autre chose mais je n'y arrive pas...

Puis, une voix féminine vient interrompre ma rêverie :

- Tu es nouvelle n'est-ce-pas ?» Je tourne la tête et l'aperçois. Une brune de taille moyenne, qui a les yeux bleux foncés. Elle s'habille avec le style plutot "fashion-victim". Rien à voir avec moi... Mais bon, je ne vais pas commencer à juger trop facilement et puis je sentais que sa question était posée avec compassion et affection. Je décide donc de lui répondre :
- Oui... ça se voit tant que ça ?» Elle se mit à rire légèrement puis ajoute :
- Disons que c'est un petit bahut ici, tout le monde se connait donc on repère assez vite les nouveaux arrivants.» Elle s'assoit tout naturellement à côté de moi et reprend la conversation :
- Tu t'appelles comment au fait ?» À partir de là, on commence à discuter. Elle s'appelle Jennyfer et d'ailleurs, elle a vraiment l'air adorable. Au bout de quelque temps, elle me propose de venir boire un verre avec elle et ses amis au café du coin après la rencontre de notre professeur principal. J'accepte volontiers. Je n'aurais jamais pensé faire connaissance avec quelqu'un le jour de la rentrée!

Et voilà notre prof principal qui arrive enfin. C'est un mec, plutôt agé, je dirais la cinquantaine. Il est assez petit, avec des lunettes rondes et les cheveux blancs. Dès que Jennyfer l'aperçois, elle se met à pousser un long soupirement et s'allonge à moitié sur la table. Je la regarde et me met à rire discrètement lorsque je la vois quasiment en train de s'endormir. Elle doit certainement connaitre ce prof et le hair. Je lui poserais toutes mes questions croustillantes à la fin. Je préfère être attentive en ce moment. C'est la rentrée et j'ai un minimum de sérieux! Pas comme la "rebelle" assise à côté de moi!

Enfin fini! J'ai cru que ça n'allait jamais se terminer. Je me lève et baille un bon coup tellement ce premier jour m'a fait chier.

- T'inquiète pas, on va aller se requinquer avec une bonne vodka!» s'extasit Jenny avec un grand sourire et en s'étirant autant que possible. Je souris en guise de réponse. J'étais en train de me dire que ça faisait pas mal de temps que j'avais pas bu d'alcool. Et pourtant, Dieu sait que j'adore l'alcool! Un bon verre d'alcool fort de temps en temps est un plaisir incroyable que j'adore pratiquer.
Jenny me prend par le bras et m'emmène vers son groupe d'amis qui était de l'autre côté de la classe.

- Hey les gens! Je vous présente Morgane. Morgane, je te présente Mathieu et Sarah. Elle est nouvelle alors je lui ai gentiment proposé de boire un verre avec nous...» Ils me regardent, me sourient et me font la bise avec sympathie.
On sort du bahut et on s'allume tous une clope. Ça fait un bien fou! 1h30 à se faire chier, je peux affirmer avec certitude qu'une clope est merveilleuse dans ce genre de moments...
J'appelle ensuite mes parents pour les prévenir d'un retard éventuel. Ils me donnent le champ libre jusqu'à l'heure du dîner. J'ai du temps devant moi, c'est super.

Nous montons la rue de notre bahut et arrivons dans un café moderne, avec peu de lumière, une musique douce et des sièges en cuir. J'adore ce genre d'ambiance. C'est vraiment magnifique! Nous nous posons et commandons. Pour ma part, j'ai pris une vodka citron. Ça fait tellement longtemps, ça va me faire du bien! Je serais sûrement un peu euphorique mais justement, c'est ce qui est le plus attraillant!

Sarah se tourne vers moi, me regarde et commence à vouloir faire connaissance :

- Tu viens d'où au fait ?
- De Nantes.
- Sérieux ? Je connais bien, j'y suis déjà aller pour rendre visite à une copine. En tous cas, ça a du être dur de quitter tous tes potes. Mais t'inquiète, à Paris tu vas forcément rencontrer des tonnes de gens. Ils ne sont pas tous pas extras, faut juste savoir les choisir.» répond-elle tout en avalant une gorgée de son verre. Je lui souris. Ces gens sont vraiment agréables. Je suis assez réservée mais je sais pertinament que je vais peu à peu me sentir d'avantage à l'aise. Il faut juste que je les connaisse un peu mieux...

La journée devient de plus en plus plaisante. On fait des paris débiles du genre : faire un cul-sec pendant dix secondes... Je sens qu'on va tous finir bourrés si on continue à boire autant! Et puis tant pis, je suis là pour m'amuser!

- Hey écoutez-moi! Ça vous dirait pas de faire un billard?» demande Mathieu en montrant du doigt la table de billard. Tout le monde semble d'accord. Quant à moi, je m'empresse de donner une réponse tout à fait réaliste :
- Laissez tomber, je ne sais pas jouer donc on va éviter la catastrophe!» Mathieu me regarde et me répond en soupirant :
- Mais non! Je vais t'apprendre. Aller viens!» Il me tire par le bras et me force à me lever. J'ai la tête qui tourne. Je me suis levée trop brusquement et heureusement que Mathieu me tient sinon je crois bien que je tomberais!

On s'approche vers la table de billard. Jenny place les boules sur la table de billard. Puis, Mathieu me prend le bras, m'entraine vers lui et me tend une queue.

Il se mets derrière moi et me montre comment jouer.

- Regarde... Il faut que tu saches bien positionner tes mains...» Je l'écoute silencieusement mais trouve ses mains un peu trop baladeuses. C'est alors que je recule avec délicatesse, pour qu'il ne soit pas blessé mais pour qu'il comprenne quand même que je ne suis pas intéressée. Mathieu est un mec très mignon. Brun, aux yeux verts. Grand et musclé. Je n'ai absolument rien contre son physique mais je n'ai pas envie d'avoir un copain en ce moment, je n'ai pas la tête à ça et puis je trouve que c'est gonflé de sa part de me draguer le premier jour où on se voit! Enfin bref... je crois qu'il a comprit. Il a l'air un peu vexé mais tout le monde est de bonne humeur donc on continue tous à jouer comme si rien ne s'était passer. Je m'en sors plus ou moins bien. J'ai réussi à mettre quelques boules mais je dois avoué que je galère quand même!

Je regarde l'heure. Il est 18h30, je crois que je ferais mieux d'y aller.

- Bon, je vais y aller! Je dois être chez moi pour le dîner... En tous cas c'était une journée sympa!» Sarah me regarde un instant puis me demande :
- T'habites où ?
- Près de Montmartre. Métro Blanche.
- Moi je suis juste à côté, à Pigalle. Ça te dit qu'on rentre ensemble?
- Aucun problème!».

J'observe un instant Sarah avant de me décider à partir. Je me disais que c'était incroyable comment personne dans ce groupe avait le même style vestimentaire. Sarah s'habille en baggy, avec des converses All Star et des t-shirt serrés tandis que Jenny s'habille en fashion-victim. Quant à Mathieu, ça n'a rien à voir! Il est plutôt du genre métaleux. Je trouve ça amusant de constater que ces gens ne se fient pas à l'apparence.

Sarah et moi sommes en ce moment même dans le métro. Je ne pus m'empêcher de lui faire part de ma suprise :

- Votre groupe à tous les trois est assez impressionnant.
- Pourquoi tu dis ça ?
- Vous avez tous des styles complètement différent et pourtant vous vous entendez si bien.» Elle sourit et me répond :
- Ce n'est pas si choquant que ça. La vérité étant que beaucoup de gens apportent de l'importance à ce genre de choses mais dans notre bahut, tout le monde s'en fout de comment tu t'habilles ou de tes genres musicaux. Du moment que tu n'es pas trop con...» Elle reste un instant silencieuse puis ajoute en riant :
- Tu n'avais peut-être pas l'habitude d'autant d'ouverture d'esprit à Nantes.
- Non, ce n'est pas ça du tout. Je pensais juste que Paris était plus fermé. Mais il faut croire que ça dépend où l'on va et avec qui on traine.
- Tu as tout compris.» Elle me regarde et ne peut s'empêcher de pouffer de rire. Je souris et lui demande :
- Pourquoi tu rigoles ?
- Non, c'est juste que j'ai adoré comment tu as repoussé Mathieu! Tu sais, il ne faut pas faire attention à lui. Il drague tout ce qui bouge.
- Je sais, je l'ai constaté!» On finit par rire toutes les deux.
Je dois descendre du métro à présent. Sarah prit rapidement mon numéro de téléphone et me fit la bise avant que je descende.
Lorsque je mis un pied dans mon appartement, mes parents se ruèrent automatiquement sur moi pour me poser des tonnes de questions du style : "tu t'es fais des amis?", "ta première journée s'est bien passé?" ou encore "comment est ton prof principal?"... Je prétexte que je suis complètement crevée, que je n'ai pas faim et que je leur parlerai de tout ça plus tard. Les questionnaires me barbent et ont tendance à m'énerver. Je n'ai pas du tout envie de m'engueuler avec mes parents donc je monte dans ma chambre. Et naturellement, je ferme la porte à clef pour être sure de ne pas être déranger!

Quand j'y pense, j'ai vraiment passé une bonne journée. Ces gens sont vraiment adorables, il faut l'admettre. Bon... Mathieu m'a dragué mais d'après ce que m'a dit Sarah, je ne suis pas la seule à avoir eu droit à ce genre de comédie donc pas de problème : je reste pote avec lui et puis peut-être qu'on sortira ensemble quand je serais prête à avoir une relation.

Je suis allongée sur mon lit et regarde le plafond. Il y a quelques tâches grisatres. Cet appart' est vraiment vieux ou alors ce sont les ouvriers qui ont fait un boulot de merde! J'aime pas voir ces tâches. J'ai envie de prendre de la peinture blanche et de tout repeindre tellement je trouve ça laid. Et puis je devrais penser à me taper contre le mur de temps en temps histoire de devenir moins conne...

Je sens ma cuisse droite vibré. Portable! "Sarah". Je lis son message : « slt, jespR ke jte dérange pa. sa te di kon sdonne rdv dans 15min au métro blanche? on ira boire un verre, jveu pa ke tu reste tte seule a déprimer. bisoux » Waou! Franchement, je m'attendais à tout sauf à un message de sa part. Quand je pense que je reçois un message d'elle alors qu'on ne se connait que depuis quelques heures alors que mes potes de Nantes ne me donnent aucune nouvelle... Et eux pourtant, je les connais depuis huit ans... Enfin, passons! Je lui répond que je suis d'accord. Je descends et trouve ma mère dans sa chambre. Je lui demande si je peux sortir avec une copine que j'ai connu aujourd'hui. Elle fait un air ébahi mais ravi en même temps. Elle est tellement heureuse pour moi qu'elle accepte sans hésitations. Il est vrai que j'ai une tête d'enterrement depuis que je suis partis de Nantes donc forcément, elle doit être contente pour moi.

Bon, j'ai tout juste le temps de me préparer en vitesse! Je vais mettre des nouvelles fringues, je ne supporte pas de sortir deux fois dans la même journée en ayant les mêmes habits. Un peu de parfum, du déo et je serais enfin prête pour cette sortie nocturne!

# Posté le lundi 01 septembre 2008 16:06

Modifié le mercredi 29 juillet 2009 08:41

Episode numéro 2 :

Je m'approche du métro et peux aperçevoir au loin Sarah. Elle me fait signe de la main. Je cours pour ne pas la faire trop attendre. Je la vois maintenant juste en face de moi, avec un sourire scotché aux lèvres. Je crois que c'est une habitude chez elle! Depuis ce matin son sourire ne la quitte pas! Je lui souris à mon tour car je trouve ça vraiment trop mignon. On vient à peine de se quitter mais on se fait quand même la bise, tout naturellement.

- Ce bar est vraiment sympa.» me dit-elle en me le montrant du doigt. Je lui réponds que je suis d'accord. On s'avance et s'installe dans le café. Sarah m'observe pendant un laps de temps et fronce les sourcils. Puis, elle m'interroge :

- Tu t'es changé ?
- Ouais! J'aime pas sortir deux fois dans la même journée en ayant les mêmes vêtements.» Elle explose de rire puis ajoute :
- Je prend un verre avec une perfectionniste ? Impressionnant!
- C'est ça! Toi t'es pas perfectionniste peut-être ? Vouloir sortir avec une copine soi-disant déprimée!
- Ce n'est pas être perfectionniste, c'est juste s'inquiéter pour quelqu'un. Et puis... sincèrement, je suis sûre que t'étais en train de te morfondre toute seule chez toi.
- Sérieux... ça allait. Je pensais justement que j'avais passé une bonne journée avec des gens cools. Il est vrai que Nantes me trotte dans la tête, mais quand j'ai reçu ton texto, ça m'a fait mal. Je me suis dis que mes potes de Nantes ne m'avaient même pas donner signe de vie depuis que j'étais arrivée.» Elle reste silencieuse. Elle a l'air triste pour moi. Elle me regarde avec attention puis répond avec un soupirement :
- Je suis désolée pour toi. Mais tu sais, les gens ont une facheuse et dégueulasse tendance à zapper ceux qui s'éloignent d'eux, que ce soit volontaire ou non. Soit tes amis sont choqués par ton départ et veulent prendre du recul, soit ils ne te méritent pas.» À l'entendre, cette situation est toute simple! Mais à dire vrai, je ne sais pas du tout quoi penser. Quoiqu'il en soit, j'ai la sensation que c'est le début d'une longue amitié avec Sarah. Je ne veux pas me faire des faux espoirs mais on s'entend vraiment bien et discuter ou passer du temps avec elle est un vrai plaisir. D'ailleurs, je suis vraiment heureuse d'être tomber sur des gens aussi sympathiques, bien qu'un peu gonflés quelque fois (petite pensée pour Mathieu).

Je prends une gorgée de mon coca et regarde silencieusement Sarah en train de fumer comme un pompier. Elle est vraiment très belle. Les traits fins, de grand yeux verts émeraudes, les cheveux long bruns jusqu'aux épaules. Et puis, elle a vraiment un charme particulier. Posséder la beauté et le charme en même temps est une chose rare! Elle a de la chance. J'ai envie de lui demander si elle a un copain car ça m'étonnerait beaucoup qu'elle soit célibataire ou alors les mecs sont définitivement cons! Mais je n'ose pas, on ne se connait pas assez à mon goût.

Je rentre chez moi pas trop tard et monte directement dans ma chambre. Je fume quelques clopes avant de m'endormir car cette journée a été quelque peu fatiguante.

**********

Le week-end est la chose la plus merveilleuse que Dieu ait créé! Surtout quand on s'est tapé une semaine pourrie de contrôles...
Cela fait maintenant deux semaines que la rentrée est passée et mon arrivée sur Paris a vraiment été un exploit. Je suis devenue de plus en plus proche avec les gens que j'ai rencontré le premier jour et puis j'ai connu les autres personnes de la classe. Il y a une super ambiance, c'est un peu le bordel, surtout dans le cours d'eco où tout le monde s'emmerde. Je suis bien ici. Il y a juste les profs que je ne supportent pas à part une ou deux exceptions... Mais mes notes sont plutôt correctes.

Quant à Nantes, j'ai donné de mes nouvelles à quelques potes par texto ou par appel mais soit ils ne me répondent pas, soit ils m'évitent et prétextent qu'ils ne peuvent pas parler à cause d'un quelconque rendez-vous.

Driiinnng! Tiens ça sonne chez moi! Qui peut bien venir un samedi matin? Je regarde qui c'est et je vois Sarah, Jenny et Mathieu. Je n'arrive pas à croire qu'ils sont venus! J'ouvre la porte et je les vois avec des croissants et des pains au chocolat. J'explose de rire.

- Heu... qu'est-ce-qui vous arrive à tous les trois ?
- Rien, on voulait juste prendre le petite déjeuner ensemble! Et vu que Sarah connait ton code... nous voici!» répond Mathieu, l'air enjoué de me revoir. Je souris puis baisse la tête.
«Allez, restez pas là. Entrez!»

Quand je pense que je ne suis même pas habillée... Je suis en survêtement, avec un t-shirt à mon père qui est dix fois trop grand pour moi. Enfin, ça me fait quand même super plaisir de les voir!
Jenny regarde mon appart' bizarrement.

- Quoi ? Il est pas beau mon appart'?
- Non, c'est pas ça le truc! Mais ils sont où tes parents?
- Aaah! Ils sont allés en normandie avec des potes pour le week-end.»

Jenny me fait un sourire jusqu'aux oreilles. Je crois que cette peste a une idée derrière la tête!
Sarah tourne sa tête vers elle et fait un air las en soupirant.

- Tu fais chier Jenny, toi et tes soirées! J'ai pas envie d'une fête pour une fois, t'es gentille...
- C'est bon, calme toi! Dis Morgane, ça te dirait pas de faire une petite soirée entre nous quatre ce soir ?» Je mis ma main droite sur le menton pour réfléchir quelques secondes.
- C'est d'accord! De toutes façons, mes parents m'ont laissé de l'argent donc... c'est okay!»
- Dis, on pourrait acheter...
- Pas trop d'alcool!» la coupe Sarah instantanément en pointant sur index vers Jenny.
- Déstressez les filles! C'est le week-end, on se détent! En plus j'ai du matos ce soir donc pas besoin d'acheter trop d'alcool, on sera déjà bien foncedé!» dit Mathieu avec un petit sourire en coin. Du matos ? Mais de quoi il parle ? À tous les coups c'est de la drogue... Je le regarde et le questionne :
- Du matos ? Du shit j'espère ?
- Ouais! Pourquoi ?
- Parce que j'ai pas envie d'avoir de la merde chez moi, genre cocaïne ou une connerie du style!
- Je suis pas un drogué non plus tu sais!
- Mouais... enfin quoiqu'il en soit, moi j'en ai jamais pris donc je sais pas si je vais goûter, ça m'attire pas trop! Bon, on est resté suffisament debout, venez on va s'affaler sur le canapé.» Je joins le geste à la parole en m'asseyant sur mon sofa. Les autres me rejoingnent. Mathieu se met à côté de moi, sur le côté et reprend la conversation là où nous l'avons laissé.

- Attend... t'as jamais pris du shit de ta vie ? Ou de la beuh ?
- Non!» Mathieu se lance dans un énorme fou-rire. Il se tord de partout tellement il trouve ça drole. Sarah se met maintenant à l'engueuler comme du poisson pourri :
- C'est quoi ton problème ? C'est pas parce que tu fumes comme un pompier et bois comme un trou que tout le monde est obligé d'en faire autant!» Elle pousse un long soupirement puis allume la télé pour se calmer.
Mathieu s'arrête illico-presto puis répond avec énervement :
- Mais putain calme toi! T'engueules tout le monde sans arrêt pour un rien en ce moment! Non mais je m'en fous de ça, c'est pas le problème! Je me disais juste que c'était bizarre! Ça fait deux semaines qu'on traine ensemble et je lui ai jamais fais goûter... Putain tu fais chier, c'était pas du tout méchant merde! Et toi c'est quoi ton problème? Saloppe!» Sarah devient tout à coup rouge de colère, prête à exploser. Elle lève sa tête vers lui et au moment où sa bouche s'ouvre, je pose ma main dessus pour qu'elle se taise. Jenny intervient alors à son tour :
- Arrêtez de vous comporter comme des gamins! On est là pour passer un bon moment ensemble et pour l'instant, je crois qu'il est l'heure de prendre le petit dej'! Aller, bouge-toi Morgane!» Elle se lève du canapé et me donne une petite tape sur la cuisse pour que je vienne la rejoindre.

On se retrouve toutes les deux dans la cuisine en train de préparer le petit dej' sur un plateau. Je ne peux m'empêcher de m'inquiéter pour les deux autres qui sont restés dans le salon. Je fais part de mes inquiétudes à Jenny :

- Je devrais peut-être aller voir ce qu'ils font parce que je m'inquiète un peu...
- Non, surtout pas! Il faut qu'ils discutent et qu'ils réfléchissent. Ils s'adorent c'est évident mais ils s'engueulent souvent pour un rien sauf que là c'est vraiment aller trop loin. Et je ne sais pas ce qui lui prend à Sarah en ce moment, mais elle réagit au car de tour à chaque fois que quelqu'un te fait une remarque. Je crois qu'elle t'adore tellement qu'elle en devient presque malade et limite possessive. N'importe quoi...» me dit Jenny en levant les yeux au ciel. Je dois avouer qu'elle a un peu raison. Sarah et moi sommes très proches et elle a tendance à exagérer parfois. D'un côté, j'aimerais lui en parler pour qu'elle réagisse différement et qu'elle se calme. Mais d'un autre côté, ce genre de réactions de sa part me fait plaisir. Et puis ce n'était pas une raison suffisante pour la traiter de "saloppe". Mathieu aurait juste pu lui dire de se calmer, ça aurait été moins sauvage et plus productif. Enfin, je préfère ne rien dire et continuer de préparer ce plateau avec du jus d'orange et des chocolats chauds. Ça ne sert à rien de faire une autre engueulade à cause de gamineries qui ne nous regardent pas...

Nous sommes de retour dans le salon. L'ambiance semble s'être adoucie. Ils discutent et rigolent ensemble comme des potes. Ouf, je suis rassurée! Je souris et m'assois à côté de Sarah.

- Je suis vraiment désolée pour cette engueulade à la con. J'aurais pas dû réagir aussi sévèrement.» s'excuse Sarah avec des yeux de chien battu. Je baisse les yeux puis la regarde et lui dit que je ne lui en veux pas, que c'est déjà oublié. Elle sourit puis s'affale sur le sofa en regardant la télé.

Après ce petit déjeuner copieux, nous faisons les courses. Heureusement que mes parents m'ont laissé de l'argent car cette soirée risque d'être mouvementée! Bierres, vodka, tequila... Bref, on se prépare pour cette soirée mémorable. Mais on n'oublie pas la bouffe! Ça dépend des gens mais moi perso, à force de boire, je meurs de faim! Et boire sans manger, c'est un super mélange pour dégueuler ce que je veux éviter à tout prix... Je veux m'amuser, profiter du moment présent mais en aucun cas finir ivre morte à dégueuler par-dessus la cuvette des chiottes. Pizzas, gateaux et bonbons feront l'affaire!

Lorsque nous rentrons à la maison, il est environ 15h. Je suis complètement crevée. Je range les courses et précisent à mes potes que je suis crevée et que j'aimerais me reposer. Je leur demande de me réveiller d'ici deux heures. Sarah se lève d'un des fauteuils du salon et me dit avec enthousiasme : « Je te suis! Je suis complètement morte moi aussi! »

Elle ne manque pas de prendre deux bierres dans le frigo avant de monter me rejoindre dans la chambre. Dès qu'elle entre, elle se pose tranquillement sur mon lit, ouvre les deux bierres et m'en tend une. Je repensais soudain à la question que je mettais posé sur elle lorsqu'on avait prit un verre pour la première fois. "A-t-elle un petit ami?" Je pensais ne pas la connaitre assez pour lui demander mais maintenant, avec le tel rapprochement qui s'est créé entre nous, je pense pouvoir lui demander sans problème.

- Dis Sarah, t'as un mec en ce moment ?» Elle me regarde, l'air ahuri et répond en éclatant de rire :
- Tu m'as vu embrasser un mec récemment ? Non! Et puis, si j'en avais un, je t'en aurais parlé.
- Ouais c'est clair... Il n'y en a pas un qui t'intéresse ?» Elle avale sa bierre avec difficulté, tousse un peu et baisse les yeux, comme si elle avait honte. Je lui repose la question et c'est à cet instant qu'elle daigne répondre, mais avec toutes fois quelques difficultés :
- Disons que... enfin... je sais que tu risques de ne pas comprendre mais pour l'instant je ne m'intéresse pas vraiment aux mecs.
- Non, t'inquiète je comprends. Tu penses être lesbienne ?
- Bien sûr que non! Et puis, même si je l'étais, je ne pourrais pas l'être.» Je fronçe les sourcils car je ne comprends pas un mot de ce qu'elle est en train de me dire.
- Hein ? Et pourquoi tu ne pourrais pas être lesbienne ?
- Mes parents sont des abrutis très conventionnels et ils me mettraient certainement dans un centre pour "lavage de cerveau" s'ils apprenaient que j'étais lesbienne. C'est pas que je ne pourrais pas l'être mais disons que je mettrais du temps pour leur avouer car si je l'étais, je ne serais certainement pas prête maintenant pour leur dire. C'est pas facile d'avouer ce genre de choses à des parents comme eux, qui ne comprennent rien et qui te regardent déjà comme quelqu'un de bizarre à cause de ton look vestimentaire.» Elle a toujours la tête baissée. Elle prend une gorgée de sa bierre puis pousse un petit soufflement. Elle finit par conclure avec un « mais je ne suis pas lesbienne, comme ça le problème est réglé! »

Je hausse les épaules. Ses parents sont des cons finis. Regarder différement ou mépriser sa fille à cause de son style vestimentaire, de son orientation sexuelle ou autre, c'est vraiment n'importe quoi. Je me demande comment des parents, qui se disent aimants, qui admettent avec certitude qu'ils aiment plus que tout leurs enfants, peuvent être aussi dégueulasses. Dans le fond, ce sont des gens qui se soucient plus de leur confort personnel que du bonheur de leurs enfants. C'est tout simplement pitoyable.

Je m'allonge sur mon lit et pose ma tête sur les genoux de Sarah. Elle me caresse les cheveux et la nuque. C'est tellement agréable et reposant! Tout le stress accumulé ces derniers jours est en train de disparaitre complètement. Je commence à m'endormir à petit feu...

# Posté le lundi 01 septembre 2008 16:07

Episode numéro 3 :

Mes yeux commencent à s'ouvrir lentement... Puis ils s'écarquillent d'un seul coup. Je vois Sarah, de dos, en train de couper les pizzas en quatre. Elle se retourne et me voit réveillée. Elle sourit puis court vers les escaliers et crie « venez, elle vient de se réveillée! » Jenny et Mathieu arrivent à grand pas.

- Aller cocotte, faut se lever maintenant! T'as assez dormi!» me dit Mathieu en riant.
- Hum... j'ai dormi combien de temps ?
- Pour te donner une idée, il est 20h30.» Je fais un bond et m'assois sur mon lit, adossé à mon oreiller. Puis me met à manifester :
- Quoi ? Mais pourquoi vous m'avez laissé dormir tout ce temps?
- Nous, on voulait mais Sarah n'osait pas.» répond Mathieu en regardant Sarah.
- En effet, je n'osais pas... T'avais l'air claquée et puis tu dormais si bien, je voulais pas interrompre ton sommeil.» Elle s'excuse platement mais je lui fais comprendre que ce n'est pas grave du tout et je sors enfin de mon lit douillet. Nous nous asseyons tous par terre pour manger les pizzas. Ils avaient tout préparer pendant que je dormais, comme c'est mignon!

Après avoir manger comme quatre, on s'assoit tous sur le lit et Mathieu sort son matos. Il y a six joins sur mon lit. Putain! Ça fait quand même pas mal de shit pour une soirée. Surtout pour moi qui n'en a jamais prit... Mathieu allume un join et me le tend en disant « aller, à toi l'honneur ». Je regarde ce join, qui sent incroyablement bon. Je sens l'odeur, cette odeur si agréable qui emplissent mes narines. Ça sent trop bon! Je ne suis pas encore décidée à tirer dessus. Je réfléchis quelques secondes puis me décide enfin à faire le grand pas. Je tire une petit taffe pour commencer. Puis une autre, plus grande... Cette merde me brûle la gorge et ne me fait strictement rien! Normal, je n'ai pris que deux taffes... Qu'est-ce-que je suis conne c'est pas possible... Je continue à fumer normalement. Arrivée environ à un peu plus de la motié, je sens que l'effet commence à faire surface. Putain je plane complètement! Je suis dans les nuages et je peux deviner que j'ai de tous petits yeux car ils sont à moitié fermés. Je donne le join à Mathieu. Lui, ça se voit qu'il a l'habitude de fumer! Il tire comme un malade... Je lui en fais la remarque par une question :

- Comment t'arrives à tirer comme ça mec ?» Il crache la fumée en éclatant de rire puis répond :
- Mec ? C'est comme ça que tu m'appelles maintenant ? Bon, pour ta question, c'est tout simplement une question d'habitude, rien de plus.
- Okay... Moi tu sais à quoi je suis habitué ?
- Non, vas-y dis moi.
- À dire des conneries 24h/24!
- Sors moi une de tes conneries!
- Hum... Le prénom féminin de Mathieu est Mathilde. T'es d'accord ? Oui, normal... Mais dans Mathilde, il y a une consonnance en "d" et je crois qu'il faut la prendre en compte quand même...» J'ai dis ça avec un naturel incroyable mais avec une voix de zombie. Tout le monde explose de rire et c'est partit pour un fou-rire général! Sarah me fixe du regard avec un sourire puis me dit en secouant sa tête :
- T'es vraiment défoncée, c'est pas possible! » J'ouvre grand les yeux et m'énerve d'un seul coup :
- Ouais je le suis! Et alors ça te dérange?! » Sarah mets sa tête dans ses mains et c'est repartit pour un fou-rire, encore plus délirant que le premier. Je suis dans un état pitoyable, je dis que des conneries, je rigole pour rien... Bref, c'est pathétique.

Les joins continuent de tourner et plus je fume, plus mon champ de vision est merdique. Mon corps tremble un peu mais surtout, il a perdu toute sa force initiale. J'essaye de me lever. J'y arrive mais avec maintes difficultés. Lorsque je suis debout, je me colle au mur pour éviter de tomber, tellement je ne contrôle plus mon corps ni mon esprit. Je dis aux autres que je vais me prendre une petite vodka. « Ramène-moi une bierre au passage s'il te plait! » me demande Mathieu, à moitié allongé sur mon lit, la tête adossé au mur. Sarah, qui elle est euphorique mais pas défoncée, se lève précipitament du lit, me prend le bras et me prévient, l'air inquiet :
- Morgane déconne pas! Dans l'état où tu es, c'est préférable que tu ne bois pas d'alcool sinon tu vas finir par dégueuler!
- Laisse-moi! Et puis je te promets de manger après... ça marche?
- Non ça ne marche pas! Tu es déjà assez...
- Putain mais fous lui la paix merde! Elle fait ce qu'elle veut! » la coupe Jenny en lui gueulant dessus, elle aussi allongée sur le lit mais qui s'était relevée pour envoyer balader Sarah. Je n'ai aucune envie d'une nouvelle dispute, donc je décide de reprendre le peu de sérieux qu'il me reste et d'intervenir :

- C'est bon on se calme! Je ne prend qu'un paquet de gateaux car je meurs quand même de faim!». Je reviens auprès des autres et passe la bierre à Mathieu, qui est complètement mort à force de boire et de fumer. Jenny est comme Sarah, euphorique mais encore totalement consciente et contrôle parfaitement son corps et ses mouvements. Ces deux filles peuvent encore réfléchir sans soucis, tandis que moi... c'est la catastrophe... Mais d'un autre côté, je me sens vraiment super bien. J'ai l'impression que mes problèmes futiles n'existent plus, que le côté agaçant de mes parents s'est envolé, que mes soucis avec mes profs ne sont plus qu'un mauvais rêve. Bref, je suis dans un bonheur délirant, complètement ennivrant par cette drogue, certes dangereuse et qui provoque une dépendance à force d'en prendre, mais en même temps tellement agréable et jouïssive! Je plane, ma tête est ailleurs, mon esprit s'exile dans un endroit dont j'ignorais l'existence jusqu'à maintenant et mon corps, fatigué et dont il ne peut exploiter aucune force et aucun acharnement, s'apprête à passer une nuit magnifique, dans ce qui se veut le confort absolut...

**********

« Je vous souhaite à tous de bonnes vacances de pâques! » Mon prof principal est vraiment trop gentil parfois! Il nous a laissé sortir dix minutes avant la sonnerie car ce sont les... VACANCES!! Qu'est-ce-que j'attendais ce moment avec impatience! Et en plus, je vais chez Sarah aujourd'hui. Sa mère vient nous chercher en voiture. Je suis pour l'instant avec Sarah, Jenny et Mathieu devant le bahut. On fume une clope en attendant la mère de Sarah.
La voici! Sarah et moi éteignons notre clope et entrons dans la voiture, à l'arrière. Je souris et dis un "bonjour" enjoué. Je ne reçois aucune réponse. Je ne cherche pas à comprendre, je préfère ne rien dire et ne poser aucune question à Sarah... Sarah justement, met sa tête contre la voiture et pousse un soupirement. Je la regarde avec un air interrogateur mais elle me fait comprendre qu'elle m'en parlera quand on sera chez elle.

Sa mère ne dit rien pendant tout le trajet. La route est froide, sinistre. Sarah ne dit rien et je ne comprend rien à cette situation. Pourquoi la mère de Sarah ne m'a-t-elle pas répondu ? Et pourquoi Sarah se sent si mal à l'aise ? Je ne l'ai jamais vu comme ça. Elle a la tête de quelqu'un à qui on vient d'annoncer un drame.

Nous sommes enfin arrivées! J'ai l'impression que ce trajet a duré des heures. Je sors de la voiture et vois enfin à quoi ressemble véritablement sa mère. Je comprends tout à coup pourquoi Sarah se sentait mal tout à l'heure. Je vois une mère avec les yeux explosés, rouges et qui se ferment à moitié. Ses cheveux sont en bataille et on dirait qu'elle n'a plus aucune force dans les bras, ne serait-ce que pour fermer la portière.

Devant la porte de chez elle, la mère de Sarah cherche les clefs et quand elle les trouve, elle les fait tomber par terre. Elle se baisse pour les ramasser et galère pour ouvrir toutes les serrures. Lorsqu'on est enfin dans l'entrée, Sarah me prend le bras et m'attire rapidement dans sa chambre. On s'assoit sur son lit et elle commence la conversation avec la tête dans les mains :

- Je suis vraiment désolée que tu aies assisté à ça.
- Tu n'as pas à t'excuser, ce n'est pas de ta faute. Mais qu'est-ce-qui se passe ? Qu'est-ce-qu'elle a ?» Elle hésite à me répondre. Puis me regarde, soupire et répond :
- Morgane, ma mère a des problèmes d'alcool. C'est comme ça depuis pas mal de temps déjà et j'en ai vraiment marre. Quand elle a trop bu, elle a des yeux rouges, elle devient agressive dès que tu lui adresses la parole ou alors elle pique des crises en criant pour un rien ou en mettant la musique à fond. Enfin bref, j'en ai trop marre, t'imagines pas à quel point...» Je ne sais vraiment pas quoi dire. Je me doutais un peu que c'était l'alcool mais n'osais pas le demander. Mais son père ? Que fait-il dans l'histoire ? Je pense qu'il pourrait quand même faire quelque chose! Sarah a la tête dans les mains et sa respiration s'accélère. Je lui relève la tête et voit qu'elle pleure. À présent, je n'ose même plus poser une seule question. Je la prend dans mes bras et lui fait un bisou sur le front. J'ai horreur de voir les gens pleurer! Surtout quand c'est quelqu'un d'important pour moi, ça me donne aussi envie de pleurer! Je la regarde droit dans les yeux. Sa bouche est un peu entre-ouverte. Elle a les yeux gonflés. Elle me regarde à son tour. Je me sens mal pour elle, j'aimerais pouvoir faire quelque chose, l'aider! On se regarde toujours avec autant d'affection. J'approche mon visage du sien. Son visage parait blême et terrifié. Mais je continue de m'approcher, tout doucement. Je sens tout à coup ses lèvres contre les miennes. Je l'ai embrassé! Je viens d'embrasser Sarah! Putain mais qu'est-ce-que j'ai fais encore ? Je n'arrive pas à croire ce que je viens de faire! Je me sens tout à coup honteuse et je baisse la tête. Elle se lève brusquement, sèche ses yeux puis me dit en bafouillant :

- Ecoute... heu... tu devrais peut-être y aller maintenant. J'ai des courses à faire et puis j'ai envie d'être seule.
- Sarah, il faut qu'on en parle. Il faut qu'on parle de ce qui vient de se passer.
- C'est toi qui m'a embrassé mais je décide de ne pas t'en vouloir. Voilà, histoire réglée!
- M'en vouloir ? Arrête! Tu ne m'as même pas repoussée, tu t'es laissé faire!
- Me saoule pas. Pars maintenant.» Je me retiens pour ne pas pleurer et répond enfin, avec un ton triste dans la voix :
- J'arrive pas à croire que tu oses te comporter comme ça...» Je pars de la pièce et claque la porte de sa putain de chambre. Je sors de son immeuble et me dirige vers le métro pour rentrer chez moi.

Je suis chez moi, allongée sur mon lit. Les larmes me montent aux yeux. Elles s'écoulent doucement sur ma joue. Je me retiens autant que possible mais je n'y parviens plus. J'explose en sanglots en pensant à Sarah. Je ne comprends pas ce qui se passe en moi. Je suis complètement déprimée et désespérée. Je pense à elle, à sa beauté, à sa personnalité qui m'a tant charmé. J'essaye de comprendre : suis-je lesbienne ? J'ai toujours eu des mecs mais je peux dire avec le recul qu'ils ne comptaient pas vraiment pour moi...
C'est bizarre mais je me rend compte que je n'ai jamais ressenti quelque chose d'aussi fort pour quelqu'un. Je ne voulais pas me l'avouer mais ça fait plusieurs jours que je me retiens de l'embrasser. Je ne m'étais jamais demandé jusque là quels sentiments j'éprouvais pour elle car je ne voulais pas me prendre la tête. Mais quand je l'ai embrassé, c'était plus fort que moi, je n'ai plus rien contrôlé! Et elle s'est laissé faire! Je suis désemparée car j'ai l'impression qu'elle ne veut pas admettre ses sentiments ni le fait qu'elle ait apprécié ce baiser. Je ne la comprends plus. Je suis paumée. Qu'est-ce-qu'elle veut ? Qu'est-ce-qu'elle attend de moi ?

« Morgane, je t'ai déjà dis que je ne veux pas que tu t'enfermes dans ta chambre! » Merde! Ma mère! Je sors une vieille excuse, comme quoi je me change et profite de l'occasion pour me calmer et pour sécher mes larmes. Je me regarde dans la glace. Ça va, on dirait juste que je n'ai pas assez dormi. Je tourne la clef et ouvre à ma mère. « Je voulais juste t'apporter ton linge propre.» Elle pose le linge sur mon lit. Dois-je lui en parler ? Je me suis toujours bien entendu avec ma mère et je pense qu'elle comprend ce genre de choses. Elle s'apprête à partir de la chambre quand je la retiens en lui disant que je veux lui parler de quelque chose d'important.

- Maman... heu... que penses-tu de l'homosexualité ? Parce que... heu... mon prof d'éducation civique a proposé ce sujet et j'aimerais savoir ce que tu en penses.» Putain, j'ai vraiment foiré! J'ai galéré comme une malade pour trouver ce prétexte. Elle sourit puis répond :
- Tu sais, je t'ai toujours dis que tu pouvais ramener qui tu voulais à la maison. Et l'homosexualité, ça ne pose pas de problèmes. Pour tout te dire, j'ai déjà eu une aventure avec une femme, quand j'avais à peu près ton age.» QUOI? Je ne sais pas comment réagir face à cette révélation! Je suis bouche-bée. Elle explose de rire et me dit :
- Oh ne fais pas cette tête choquée! Et je ne suis pas dupe. Si tu hésites sur ta sexualité, c'est tout à fait...» Je lui coupe la parole en répondant : « maman, j'ai embrassé Sarah aujourd'hui mais je ne comprends plus rien. Elle s'est laissé faire mais après elle voulait que je parte, elle a fait comme si ce n'était qu'une stupide erreur...» Je baisse la tête et me touche le front. Je m'assois sur le lit avec ma mère. Elle me prend dans ses bras, puis continue la conversation :

- Laisse-lui un peu de temps. Peut-ête qu'elle reviendra vers toi. Tu sais, ce n'est pas facile pour tout le monde d'avouer sa sexualité. Bon ma chérie, je dois aller travailler. Si ça va pas, tu m'appeles à mon bureau, d'accord ?» Elle me donne un bisou sur le font, me caresse les cheveux et part à pas lourds, comme si elle ne voulait pas me laisser toute seule dans cette situation délicate.

Dans tous les cas, je n'en reviens toujours pas de ce que m'a dit ma mère! C'est incroyable! Mais ça me fait trop plaisir aussi! Car elle peut comprendre, elle peut me comprendre, surtout si je sors avec Sarah par la suite... Mon Dieu, ce que j'aimerais la voir, la serrer dans mes bras, l'embrasser... être avec elle tout simplement... que toutes les deux...

# Posté le lundi 01 septembre 2008 16:08

Episode numéro 4 :

- Allo ?
- Morgane ? C'est Mathieu! Ça va ?
- Putain, je dormais! Rappelle-moi dans une heure.
- Non, non, non! Hors de question! Tu sors de ton pieux, ce soir on va à montmartre!
- Hein ? Pour faire quoi ?
- Y'aura des potes à moi que j'aimerais te présenter, tu ne les connais pas et puis ce sera une bonne ambiance! Près du Sacré Coeur y'a jamais de flics on pourra fumer tranquillement sans qu'on nous fasse chier!
- Bon... rendez-vous à quelle heure ?
- 21h30 en haut des marches. Jenny est derrière moi et me dit que tu peux dormir chez elle. Ça roule ?
- Ouais, ouais... bisous à tout à l'heure.»

Je raccroche et me lève difficilement de mon lit. Je regarde l'heure. Putain, il est déjà 20h30! J'ai à peine quarante minutes pour me préparer! Mathieu, tu fais vraiment chier!
Je me précipite vers la salle de bain et prend une douche. Je suis incroyablement angoissée. Mon ventre est noué et mon coeur bat à toute allure, comme si je venais de faire un footing. J'ai peur de revoir Sarah car elle sera sûrement là. Dois-je aller lui parler ? Dois-je m'excuser d'être parti aussi brutalement de chez elle ? Je ne sais pas quoi faire. Morgane, calme toi, calme toi! Je vais aller à montmartre et je verrais bien comment ça va se passer.
Je sors de la douche, m'habille en vitesse et prend un peu de tunes pour acheter quelques bierres ou des clopes.

Je préviens mes parents que je sors et que je dors chez Jenny. Je prend mes clefs et claque doucement la porte derrière moi pour ne déranger personne.

Je marche en direction du Sacré Coeur. Il y a du vent et il fait un peu frais. Je pense atrocement à Sarah et je me pose des tonnes de questions sur la soirée que je vais passer. Je ne sais absolument pas si on va se parler, si on va s'engueuler, si on va se réconcilier... je n'en sais rien! Je me disais y'a à peine dix minutes que je ne devais pas stressée mais apparament c'est plus facile à dire qu'a faire! Je suis dans les nuages, en écoutant mon mp3. J'écoute la musique à fond. Je ne veux faire attention à personne et je ne veux pas entendre les foutus bruits d'une grande ville. Je suis dans mon monde, dans mon jardin secret, dans ma bulle. Bon Dieu, ce que j'aimerais que Sarah partage cette bulle avec moi! Je ne l'ai pas encore dis jusqu'à présent mais je crois... non en fait je suis sûre que je suis amoureuse d'elle...

Je me secoue la tête pour essayer de penser à autre chose. Je m'arrête à un bureau de tabac et prend un paquet de clopes pour la soirée. Je sors du tabac, continue de marcher et arrive enfin en haut des marches au bout d'une quinzaine de minutes. J'arrive avec cinq minutes de retard et aperçois déjà Mathieu, debout, adossé à un mur, qui me fait un signe de la main, et Jenny, assise en train de descendre une bouteille de rosé. Je m'approche d'eux et leur fait la bise. Jenny n'arrive même pas à se lever tellement elle est morte. Je me demande comment on va faire pour rentrer chez elle!

- Hey Morgane! Juste pour te dire que Sarah arrivera un peu en retard, vers 22h00 environ. Elle devait faire je-sais-plus-quoi... Enfin bref je voulais juste te prévenir. Bon heu... tu veux un peu de rosé ?» Je regarde Jenny complètement bourée et ne pouvant même plus se lever. Elle me regarde et attend visiblement une réponse. Je rigole, puis répond en m'asseyant à côté d'elle :
- Non merci petite puce! Je vais rester sagement assise ici, en regardant le peu d'étoiles qu'il y a...
- Paris c'est tellement de la merde. Y'a jamais d'étoiles. Y'a que de la pollution à la con!» dit-elle en buvant une gorgée de vin, l'air complètement blasée. Je ne peux m'empêcher de rire. La situation est si drôle! Mais sincèrement, je ne sais vraiment pas comment on va faire pour rentrer! Cette conne vient de se saouler à s'en rouler par terre! J'espère juste qu'on ne fera pas trop de bruit en arrivant chez elle car je ne pense pas non plus que je vais finir super clean à la fin de la soirée...

Je remarque qu'un mec plutôt mignon me matte. Il discute avec Mathieu et arrête pas de me regarder. Brun, les yeux marrons foncés et métisse. Il est vraiment pas mal je dois le reconnaitre! Mais pour l'instant, je ne pense qu'à Sarah. Je veux la voir, sentir sa présence contre moi. Lui parler. Et surtout... me réconcilier avec elle, c'est le plus important. Mais je pense que c'est à elle de faire le premier pas. La façon dont elle a réagit lorsque je l'ai embrassé... Argh, je préfère ne pas y penser!

- Morgane ? Tiens, c'est pour toi!» Le mec qui me mattait s'est approché de moi sans que je m'en aperçoive. Il me tend un join en entier.
- Heu... déjà tu t'appelles comment ?
- Benjamin. Mais appelle-moi Ben, tout le monde m'appelle comme ça.
- Okay... Bon écoute pour le join, je ne peux pas accepter. Ça coûte tellement cher! Hors de question que je le fume en entier, je veux bien qu'on partage mais pas en entier.
- Mais si! Mathieu m'a dit que tu aimais bien le shit depuis que tu avais goûté et là j'en ai beaucoup pour ce soir donc je peux bien me permettre de t'offrir un join. S'il te plait, prend-le.» Il me sourit en me suppliant presque. Je ris et finis par accepter son "cadeau". Je commence à fumer quelques taffes... Je suis vraiment étonnée, il est trop bon! Je dis à Ben que ce qu'il prend est vraiment extra et il sourit en guise de réponse, en me relookant bien comme il faut. Ce mec est sympa. Vraiment sympa. Et puis, je commence à être un peu stone. J'ai presque finis le join et tant mieux car je ne veux pas être trop défoncée, sinon je sens que Jenny et moi allons dormir dehors. En parlant de Jenny, elle se met à me parler en me tapant la taille avec son coude :

- Morgane, tu sais quoi? Mes parents sont partis pour quatre jours de vacances, j'ai la maison pour moi! C'est pas trop stylé?
- Jenny, c'est plus que stylé, c'est dément! Surtout qu'on est un peu défoncée là donc on ne risque pas de réveiller quelqu'un!» Je m'allonge sur les marches avec mon join et rajoute un «trop bien» en soupirant et d'un air soulagé.

Je vois à présent Sarah monter les marches et nous rejoindre. Je me redresse et la contemple. Elle est si belle! Elle me regarde mais ne dit rien. Elle est juste en face de moi et pourtant, on ne s'adresse même pas la parole. J'esquisse le plus beau des sourires. Mais elle, elle ne fait rien. Elle reste stoïque. Inerte, inconsciente. Elle continue de me regarder mais je n'arrive pas à deviner son expression, à deviner ce qu'elle ressent. Je ne comprends rien et fronce les sourcils. Maintenant, elle me dévisage. Et malgré que je sois stone, je comprends tout à fait tout le mépris qu'il y a dans ce regard. Sans me parler, elle part et vient s'assoir à côté de quelqu'un que je ne connais pas, qui doit être un de ses potes, et elle parle avec lui normalement, sans même plus faire attention à moi. Elle pourrait se tourner et ne serait-ce que me faire un regard gentil et affectueux mais je n'ai même plus droit à ça depuis l'épisode de chez elle. Je pose ma tête sur ma main droite et mumure : « va te faire foutre Sarah, va te faire foutre...» Je ne le pense certainement pas mais je suis si énervée contre elle! Et en même temps, je n'ai pas envie qu'elle me gâche la soirée. Je suis bien, ici avec tous ces gens. Mais la personne qui me manque réellement et avec qui j'ai envie d'être, c'est elle... Ben met sa main sur mon dos et me dit «ça va ?». Je me redresse, tourne la tête et le voit, l'air inquiet. Lui au moins il fait attention à moi! Ce serait tellement plus simple si j'étais avec lui! Je souris et baisse les yeux en même temps. Je me pose dans ses bras, tout naturellement. Il enroule son bras autour de mes épaules et je suis à présent la tête juste en-dessous de son cou. Il me caresse doucement la nuque et parfois les cheveux. Il a l'air vraiment romantique comme mec. Ce n'est pas comme l'espèce de conne qui ne prête même plus la moindre attention à moi! Ben lève légèrement sa tête pour me faire des petits bisous sur le front. Je suis bien dans ses bras mais je ferme les yeux et imagine que ce sont ceux de Sarah. Puis, j'entend soudain une voix énervée qui freine mon imagination : «Bon, ça suffit maintenant!» J'ouvre les yeux et vois Sarah. J'étais sûre que c'était elle! J'avais reconnu son timbre de voix. Elle me prend le bras et m'arrache complètement des bras de Ben. Je suis tellement ailleurs que je n'ai même pas la force de me défendre ou de tout simplement réagir. Elle m'emmène dans un coin assez intime, où personne ne va aller nous faire chier et commence la discussion :

- Tu veux me rendre jalouse, c'est ça ?
- Heu... bon écoute je ne comprends rien à rien. Lorsqu'on s'est embrassé, tu m'as fais comprendre que ce n'était qu'une erreur. Tout à l'heure, je te fais un sourire et toi tu m'ignores totalement et de surcroit, tu te permet de me dévisager. Et maintenant, je suis dans les bras d'un mec et tu es jalouse. C'est quoi ce bordel ?
- Es-tu amoureuse de moi ?» Je fixe le sol sans pouvoir la regarder. Je me sens gênée et je ne sais pas quoi répondre. Je pense que la vérité, la pure et stricte vérité serait le plus approprié. Je ne veux pas lui mentir mais je ne veux pas non plus que notre amitié soit baffouée à cause des sentiments que je ressens qui ne sont pas réciproques. Je prends mon courage à deux mains, la regarde droit dans les yeux et réponds un «oui» à peine audible. Ses yeux deviennent soudain comme deux grosses billes et elle répond à son tour :
- Moi aussi je suis amoureuse de toi.
- Quoi ? Mais pourquoi tu m'as menti alors ?» Elle pose ses mains sur mes épaules et s'explique :
- Parce que je ne veux pas te faire souffrir. Je ne suis pas prête à avouer à mes parents mon amour pour toi. Je ne sais pas si ça fait de moi une lesbienne, une bi et je m'en fous. Ce que je sais, c'est que je t'aime mais je ne suis pas prête pour l'assumer au grand jour, tu comprends ?
- Je suis patiente et ce que je veux avant tout c'est d'être avec toi.» Elle sourit. Je l'éloigne un peu pour que vraiment personne puisse nous voir. Je la plaque doucement contre un mur et la prend dans mes bras. Je la fixe du regard. Elle est magnifique. Je place une mèche de cheveux embêtante au-dessus de son oreille et elle sourit de nouveau. Je m'approche de son visage et l'embrasse. Ce baiser est tout simplement délicieux. Je regoûte à ses lèvres mais cette fois-ci plus profondemment. Je joue avec ses lèvres, par exemple en tirant avec mes dents sa lèvre inférieure puis en repassant la langue au-dessus pour recommencer de nouveau un merveilleux baiser dans un ballet sublime. Cette fois-ci, c'est elle qui prend l'initiative en portant ses lèvres à mon cou. Elle me fait des bisous chauds, pour remonter vers le lobe de mon oreille et le mordiller tendrement. Je suis paralysé, j'ai des frissons partout! Ma respiration s'accélère légèrement. Elle le remarque, me regarde et me sourit. Mais malheureusement, toute bonne chose à une fin et en voyant l'heure, je me rends compte qu'il faut vraiment qu'on rentre avec Jenny.

Sarah et moi sortons de notre petit coin pour retrouver les autres. Je cours vers Jenny, encore plus bourrée que tout à l'heure, et la prévient qu'on doit vraiment rentrer. Je crois que cette petite escapade avec Sarah a calmé les effets que le shit me procuraient! Et tant mieux car Jenny est bourrée de chez bourrée... Je dirais même ivre-morte. Je fais la bise à tout le monde pour dire aurevoir et j'arrive au tour de Ben. Je le regarde et je ne sais vraiment pas quoi faire de lui. Je regrette d'avoir eu un moment de faiblesse tout à l'heure et de m'être poser contre lui. Il commence à me parler car il voit bien que je suis morte de honte :

- C'est ta petite copine ? Tu sais, la fille avec qui tu es partis tout à l'heure ?» Je baisse les yeux et mes joues virent au rouge très rapidement. Je mumure un «non». Il rit légèrement et me répond :
- Bon, écoute... tu as l'air vraiment gênée donc je ne vais pas insisté. Mais on peut quand même rester amis, n'est-ce-pas ?
- Bien sûr que oui.» Je souris. Ce mec est adorable c'est grave! Vraiment pas lourd, pas chiant et il a l'air de tout comprendre à la situation. On s'échange nos numéros et on se fait un petit calin pour se dire aurevoir.

Je m'avance vers Jenny et l'aide à se relever. Elle s'appuie sur moi et sur Sarah. Mathieu nous rejoint pendant que nous descendons les marches du Sacré Coeur.

- Hey les filles! Attendez-moi bande de saloppes!» dit Mathieu en riant. Je me retourne mais fais bien attention de tenir toujours le bras de Jenny et fronce les soucirls en demandant à Mathieu :

- Tu viens dormir chez Jenny toi aussi ?
- On vient tous! Toi, moi et Sarah!» Eh bien, je crois vraiment que je vais passer une très bonne fin de soirée! Mes yeux se tournent vers Sarah et je lui souris discrètement. Elle me rend mon sourire et me voilà partit dans la plus bonne humeur qui soit.

Par contre, le petit côté chiant de l'histoire est que Sarah et moi commençons vraiment à galérer avec cette conne complètement bourrée! Mathieu le remarque et nous dit «c'est bon les filles, laissez-moi faire, ce sera plus simple.» Il nous prend Jenny, se baisse légèrement et la porte tout naturellement sur son épaule. Il lui tient les jambes pour qu'elle ne tombe pas et continue de descendre les marches sans aucune difficulté. Vu qu'il est devant nous, Sarah et moi en profitons pour nous prendre la main. Chaque moment où on peut avoir un contact physique avec l'autre est un moment magnifique. Quand je pense qu'on va devoir se cacher... D'un côté ça m'emmerde vraiment car je l'aime et je ne veux pas que cet amour soit considéré comme honteux! Mais d'un autre côté, elle n'est pas prête donc je me dois d'attendre sagement. C'est comme ça et ce n'est pas négociable. Mais tant pis! Je suis avec elle, je sais que je suis avec elle et c'est tout ce qui compte pour moi.
Puis, environ dix minutes plus tard, Mathieu s'arrête, se retourne et me sourit. Sarah et moi lachons nos mains précipitament et faisons comme si de rien n'était. Mathieu continue à me sourire. Je ne le comprends pas très bien mais attend qu'il parle.

- Dis Morgane, il t'a plus mon pote Ben ?
- Il est plutôt mignon... mais je ne veux pas sortir avec lui.» Nous marchons à présent tous les trois au même niveau et Mathieu continue car il n'a pas l'air de me comprendre :

- Mais pourquoi ? Il m'a dit qu'il te trouvait trop belle et adorable. Et toi, tu me dis qu'il est mignon. Fais pas chier, sors avec lui!» Je tourne ma tête et regarde Sarah. Je lui souris puis réponds à Mathieu, toujours en regardant Sarah d'un amour indescriptible :

- Non, je ne sortirais pas avec lui. Je suis amoureuse de quelqu'un d'autre.» Mathieu hausse les épaules, Sarah semble être la fille la plus heureuse du monde et nous continuons à marcher vers le métro.

# Posté le lundi 01 septembre 2008 16:09

Episode numéro 5 :

Episode numéro 5 :
Je me suis permise cette image, vous comprendrez pourquoi... :P




Nous arrivons enfin chez Jenny après avoir parcouru le métro pendant un bon quart d'heure. Nous sommes devant la porte de chez elle et je m'empresse de fouiller dans son sac pour trouver les clefs de son appart'. Elle s'est endormie sur l'épaule de Mathieu, qui commence d'ailleurs à avoir légèrement mal. Vite Morgane, dépêche-toi de trouver cette foutue clef! Je mets enfin la main dessus. J'ouvre la porte avec maintes difficultés car la lumière de son couloir ne fonctionne plus... Je pousse la porte et allume l'interrupteur le plus proche.
- Je vais aller coucher la petite » me dit Mathieu les yeux à demi-fermés.
- Si tu veux on le fait Sarah et moi y'a pas de soucis.
- Non, non t'inquiète ça ira. Je la couche et après je m'écroule dans la chambre de ses parents. Prenez le canapé pour dormir. Je suis mort. A demain les filles. » Sur ses mots, Mathieu partit à pas lourds. En effet il était KO.
Je m'asseois sur le canapé et Sarah vient me rejoindre. Je devine qu'elle me regarde de manière insistante. Je troune la tête et aperçois ses yeux me déshabiller. Cette initiative de sa part me plait énormément et m'émue beaucoup je dois dire. Je ressens une sensation étrange au niveau de mon bas-ventre, une sensation que je n'avais jamais connu jusquà présent. Je peux dire que cette sensation est agréable mais avec une pointe de frustration. Je la déshabille du regard à mon tour et elle s'en aperçoit et rit.
- T'es trop mignonne » me dit-elle.
- Tu as fais la même chose mon coeur » rétorquai-je en souriant. Elle s'approche de moi et m'embrasse avec ferveur. Elle englobe mon visage de ses mains et quant à moi je place mes mains sur sa taille. Ce baiser est rempli de passion et j'adore ça. Je remonte mes mains dans son dos et la colle un peu plus contre moi. Je n'aurais jamais cru être capable de faire ça à quelqu'un et surtout à une fille! Je suis de nature plutôt réservée mais avec elle rien ne me fait peur. Je suis bien, tellement bien avec elle...
- Et si on dépliait le canapé ? » me propose-t-elle dans un sourire et d'une voix mielleuse. Je ne peux m'empêcher de rougir mais tente tant bien que mal de ne pas le montrer. Je lui répond « oui » de ma timidité qui refait tout à coup surface.
Le lit est préparé, avec couette et coussins. Je me met en débardeur et en boxer, c'est comme ça que je dors habituellement. Sarah adopte la même tenue que moi, sauf qu'elle porte un tanga blanc, ce qui est beaucoup plus attraillant... Aaah Morgane, resaisis-toi! J'éteins la lumière et on se glisse sous la couette. Nous sommes allongés sur le côté, je m'approche d'elle et me colle contre son corps. Des frissons intenses me parcourent de la tête aux pieds. Je sens ses jambes se frotter contre les miennes, je sens son corps entier contre moi et je sens son odeur féérique qui emplit mes narines... On s'embrasse à nouveau, pendant de longues minutes. Je couvre son cou de baisers pendant qu'elle met sa jambe entre les miennes et qu'elle la remonte doucement mais sûrement... La sensation étrange que j'éprouvais tout à l'heure est encore plus présente maintenant, si bien que je commence à ressentir quelques douleurs. J'entends Sarah qui pousse un léger gémissement. J'ai vraiment envie d'elle. Je n'avais jamais eu une envie sexuelle aussi forte pour quelqu'un. J'ai envie de lui faire l'amour, toute la nuit... Mais je pense que c'est un peu tôt, on sort ensemble depuis trop peu de temps... Mes mains se baladent sur son corps de déesse, je commence à caresser son ventre et à jouer avec son nombril. Un nouveau gémissement sort de sa bouche. Je conclus donc qu'elle aussi a envie de moi et cette idée là m'excite d'avantage.
- T'as envie de moi ? » me demande-t-elle dans un soupir.
- Oui mais je pense que c'est un peu tôt...
- Je suis d'accord mais on peut quand même faire quelques trucs... non ? » J'ai confirmation de ce que je pensais il y a quelques instants. Sans lui répondre je l'embrasse, met ma main sous son tee-shirt et lui caresse les seins, puis pince ses têtons sans aucune brutalité bien sûr. Elle gémit encore, et plus fort. Une vague profonde de chaleur atteint mon ventre, mon excitation est à son maximum. Tout en continuant de lui caresser les seins, Sarah met sa main sur ma cuisse et me la caresse doucement. Je sais que mon boxer est incroyablement humide et sincèrement mon vagin me fait mal, j'ai trop envie qu'elle me soulage...
- J'ai mal Sarah... » Cette phrase est sortit de ma bouche naturellement, je n'ai même pas réfléchis. Sa main placée sur ma cuisse monte rapidement sur mon entre-jambes et elle caresse mon sexe à travers mon boxer. Je commence à gémir, j'en peux plus, j'ai trop envie de la sentir en moi... Elle se rend compte de mon excitation et me le fait remarquer :
- Ha ouais je vois ça... Je vais te faire plaisir mon bébé » Elle entre sa main dans mon boxer, me caresse doucement le vagin pendant quelques instants, puis insère un doigt à l'intéreur, puis deux, puis trois... Elle commence par un rythme un peu lent, puis elle accélère de plus en plus, elle tourne ses doigts en moi et me murmure des paroles excitantes au creux de mon oreille "t'aimes ça ?", "j'aime te voir prendre du plaisir, t'es trop belle..." et jen passe. J'en peux plus, je me retiens pour ne pas crier, je ne voudrais pas quelqu'un se rende compte de ce qui se passe. Elle retire sa main au bout de quelques minutes. Ouf, ça va déjà mieux, j'ai plus mal c'est déjà ça! Mais j'ai toujours autant envie d'elle... Et envie de lui faire plaisir à mon tour. Je touche son dos puis descend sur ses fesses, et ne manque pas de glisser ma main sous son sous-vêtement. J'exerce une pression de plus en plus rapide avec mon index et mon majeur juste à l'entrée de son sexe. Je l'entend qui prend de plus en plus de plaisir et ses ongles s'enfoncent dans mon dos, ce qui me fait un peu mal mais je ne dis rien, je la laisse prendre tout le plaisir qu'elle mérite et que je veux lui apporter. Je pénètre sa chair, je parcoure enfin son intimité... J'ai l'impression d'être dans un rêve. Je l'aime. J'aime quand son corps se contracte sous mes doigts, sous mes caresses, sous cette chaleur qui entoure nos corps! Je m'arrête au bout d'un certain temps. Sarah se blottit dans mes bras et pose sa tête conte ma poitrine.
- C'était trop bien... » me murmure-t-elle.
- Oui bébé c'était bien.
- Tu regrettes qu'on soit allé un peu vite ?
- Bien sûr que non! Et puis on a pas couché ensemble. J'ai adoré tu veux dire.
- Je t'aime. » Elle me fait un dernier baiser emplit de passion, de fusion et on s'endort l'une contre l'autre.


8h... J'entends le réveil de mon portable sonné. J'ai mis le réveil aussi tôt pour éviter que Mathieu et Jenny nous voit dans cet état, et aussi parceque j'ai envie de préparer le petit déjeuner. J'ai envie de faire plaisir à tout le monde, et surtout à ma petite chérie. Je dépose un petit bisou sur le front de Sarah et me lève en douceur pour éviter de la réveiller. Je mets mon jean et file dans la cuisine. Je me prépare un café pour me secouer car j'ai bien la tête dans le cul... Après cette soirée mouvementée et cette nuit absolument sublime, je suis complètement crevée... Je bois mon café vite fait et prépare des chocolats chauds et des tartines de nutella pour tout le monde. C'est un petit rituel qu'on a tous les quatre. Il est absolument OBLIGÉ qu'on ait un petit déjeuner copieux les lendemains de soirée. Je prends un plateau et pose les quatre bols dessus. J'entends quelqu'un arriver.
- Oh putain la gueule de bois...» me dit Jenny en ouvrant la porte de la cuisine. Elle a les cheveux en bataille et la voix éraillé. Je rigole discrètement. Alala, je l'adore cette fille elle est trop marrante! Elle me fait la bise puis entreprend de se faire un café. On discute de tout et de rien, on rigole de la soirée...
- Hey ça te dit qu'on réveille les deux glandeurs ? » me propose-t-elle. Je souris et accepte sans aucune hésitation. Je vais pouvoir admirer la beauté de ma déesse une fois de plus. « Je m'occupe de Mathieu, tu t'occupes de Sarah! » me chuchote-t-elle en se précipitant vers la chambre de ses parents. Je m'approche de mon bébé et lui fait un bisou dans le cou ce qui la fait directement frémir. Elle ouvre les yeux. Elle me voit et esquisse le plus beau des sourires. On s'embrasse furtivement avant que les deux autres ne reviennent.
- Bien dormi les filles ? » nous demande Mathieu en baillant.
- Très bien dormi, j'ai fais un rêve magnifique » répond Sarah en me regardant du coin de l'oeil.
J'ai l'impression d'être la fille la plus chanceuse, la plus heureuse et la plus épanouïe de toute la terre. Je l'aime, je la désire. Et c'est réciproque. Je plane, je suis dans un autre monde, mon cerveau est déconnecté et nage dans le bonheur royal...

# Posté le lundi 01 septembre 2008 16:11